
Raymond Hervé est né le 22 juillet 1908 à Trélazé (Maine-et-Loire). Il habite au 14 rue de Belgique à Lorient-Keryado (Morbihan). Il est marié et père de 4 enfants, âgés de 2 à 11 ans.
Il travaille comme ouvrier plombier à l'usine à gaz de Lorient. Membre du Parti communiste, il est aussi militant de la CGT.
Raymond Hervé est un militant actif du parti communiste clandestin.
Il est arrêté‚ une première fois le 12 août 1941, sur le cours de Chazelles à Lorient, par la police française, à la suite d'un sabotage commis dans son entreprise. Le lendemain, il est interné administrativement au camp de Choisel à Châteaubriant. Il est libéré le 2 octobre 1941.Arrêté de nouveau à son domicile le 12 octobre par des soldats de la police militaire allemande et des policiers français, il est emprisonné à Lorient, puis à Vannes.
Raymond Hervé y est jugé le 4 novembre par un tribunal militaire allemand pour sabotage, avec trois de ses camarades. Ces derniers sont condamnés à 4 mois de prison et Raymond Hervé à 5 mois.
Vers la fin de sa peine, il est transféré à la prison de St-Brieuc, le 1er avril 1942.
Mais au lieu d’être libéré, il est maintenu en détention allemande et interné en vue de sa déportation comme otage au camp de Compiègne (il y reçoit le matricule 3843).
Le 3 avril, il écrit à sa femme et lui conseille la prudence : "Me voilà libéré d'une prison pour entrer dans une autre. Je suis cette fois parti bien loin de vous ; me voilà maintenant interné dans un camp de concentration de Compiègne. (…) Fais attention à ce que tu écris. (…) Parle de moi souvent de moi aux gosses".Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne, le 4 mai, en vue de sa déportation comme otage.
Il est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.Le 6 juillet, Raymond Hervé jette une lettre pour sa femme depuis le train, au niveau de Châlons-sur-Marne. Il y écrit "Nous prenons la direction de l'Allemagne".
Il meurt à Auschwitz le 23 septembre 1942 d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 446).
Une rue de Lorient porte son nom.
Son frère, Lucien, infirmier à l’Hôpital Bichat, entre dans la Résistance en 1942 au Maquis "Félicité", dépendant du Maquis Surcouf de Pont-Audemer. Il est arrêté, affreusement torturé et fusillé le 24 août 1944 avec deux de ses camardes.
Sources
- Lettres de sa veuve (1972) et de sa fille, Marcelle Moisan (février et novembre 1991), qui fournissent plusieurs photocopies de documents de l’époque : certificat de présence à Châteaubriant (18 août 1941) et à Compiègne avril 1942).
- Lettre de Compiègne, lettre jetée du convoi et datée de Châlons-sur-Marne
- Attestation d’appartenance au Front National (janv.1950).
- Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
- Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
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