
45675
Jules Huon est né le 20 janvier 1890 à Reims.
Il habite au 11 rue du Fossé Briotin à Reims au moment de son arrestation (le 26 février 1942).
Il a 52 ans le 6 juillet 1942.
Jules Huon est marié, il a 2 enfants et exerce la profession de commerçant fruitier sur les marchés de Reims. Ancien combattant de la Première guerre mondiale, il est cité à l'ordre du régiment : "Brancardier courageux et dévoué. A évacué avec un beau mépris du danger des blessés sous de violents feux de mitrailleuses" (10 septembre 1918). Il est militant de l'ARAC (Association Républicaine des Anciens Combattants).Sympathisant communiste, il entre dans la Résistance sitôt de retour à Reims après l'armistice de 1940. Il est arrêté une première fois en décembre 1940 après une distribution de tracts probablement communistes.
Il est condamné par la justice française à 6 mois de prison, qu’il effectue à la Maison d'arrêt de Reims.
Libéré, il est arrêté une seconde fois le 26 février 1942, à son domicile, par les Feldgendarmes, "après - selon le journal l'Union -, une manifestation de ménagères "pour le pain", place de l'Hôtel de Ville, dont il a été soupçonné d'en être l'organisateur“. Comme cette arrestation a lieu le même jour que celle de 17 autres marnais, arrêtés par la police allemande à Reims et à Châlons-sur-Marne au sein de la communauté juive et parmi les militants syndicaux et politiques, en représailles à la suite d'attentats commis contre les troupes d'occupation à Chalon-sur-Saône et Montceau-les-Mines, on peut supposer que Jules Huon est arrêté pour les mêmes motifs.
Il est détenu à la prison Robespierre à Reims.
Jules Huon est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent le 5 mars 1942 au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122) (il y reçoit le matricule 3672).
"Mis par erreur au Camp des Juifs", il en décrit les dures conditions à ses proches.Du 8 mars au 5 juillet, il envoie 23 lettres, officielles ou clandestines, adressées à sa famille par l'intermédiaire du fils d'un détenu.
Sa dernière lettre est lancée du convoi 6 juillet 1942 depuis le pont de Witry à 2 heures, route de Witry-en-Jassons".
Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages».
Jules Huon est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45675.
Jules Huon meurt à Auschwitz le 30 septembre 1942 (date inscrite dans les registres du camp et transcrite à l’état civil de la municipalité d’Auschwitz ; in Death Books from Auschwitz, Tome 2, page 480.
Une plaque commémorative a été apposée en 1947 par la Ville de Reims à son domicile 11, rue du Fossé Briotin. Une autre plaque refaite à l'identique est apposée au square des victimes de la Gestapo
Sa famille a été durement frappée : son neveu René Huon a été fusillé, l'épouse de celui-ci, née Aline Monin, et ses deux frères ont été déportés et sont morts en déportation, ainsi que l'épouse de l'un d'entre eux.
Sources
- Collection complète des lettres de Compiègne, photocopies confiées par la fille de Jules Huon, Mme Rubert.
- Témoignage de Mme Simone Lecrux, veuve d'un 45000 rémois rescapé (1981).
- Communication de madame Jocelyne Husson, professeur à Reims (juin 1990).
- Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
- Site du CRDP de Reims, biographie de Jules Huon, par Mme Jocelyne Husson.
Biographieréalisée en 2001, modifiée en juillet 2011, par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. Si, membre de la famille du déporté, vous ne souhaitez pas que cette biographie soit publiée sur Internet, je vous prie de me le faire immédiatement savoir : elle sera aussitôt retirée du blog.
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