
Maurice Roussel est né le 24 janvier 1909 à Hoëricourt (Haute Marne).
Cheminot, il est domicilié à Reims au moment de son arrestation (le 26 février 1942).
Pupille de la Nation (2 décembre 1919), il est marié, a un enfant, Rolland. Il travaille comme charron à la SNCF.
Militant communiste et syndicaliste CGT, Maurice Roussel forme le premier groupe de résistance SNCF de la région avec René Manceau, Roland Soyeux (eux aussi déportés le 6 juillet 1942), et Gaston Lelaurain (arrêté dès le 24 juin 1941, déporté en 1943 à Sachsenhausen où il meurt en 1945).
Arrêté le 26 février 1942 à son domicile, par la Feldgendarmerie, comme otage, le même jour que 17 autres marnais, il est incarcéré à la prison Robespierre de Reims. Il est remis aux autorités allemandes à leur demande, et celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne le 5 mars 1942 (Il y reçoit le numéro matricule 3677). Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942) et «une déportation d’otages».
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Maurice Roussel est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Maurice Roussel meurt à Auschwitz le 6 octobre 1942 selon les registres du camp.
Il est déclaré "Mort pour la France" le 10 décembre 1946. Il est homologué "Déporté politique", mais l'homologation comme Déporté-Résistant lui est refusée, malgré un certificat d'appartenance aux FFI du 2 février 1948, délivré pour son appartenance au « Front National pour l'indépendance et la liberté de la France ». Ce mouvement est fondé le 15 avril 1941 par le Parti communiste. Il y est homologué comme adjudant le 21 août 1947. Le refus est ainsi notifié : "la détention n'a pas eu pour cause déterminante un acte de résistance à l'ennemi, au sens du statut des déportés et internés résistants" (Ministère des ACVG, 16 avril 1964).
Son nom figure sur la plaque commémorative apposée en gare de Reims, "A la mémoire des agents SNCF tués pour faits de guerre".
Sources
- Mme Rolland Roussel (documents cités, communiqués en juillet 1989).
- Acte de naissance et de disparition (du 31 octobre 1946).
- Son petit-fils, Pascal Roussel s'adresse à l'Amicale d'Auschwitz en 1981 pour recueillir des renseignements supplémentaires sur son grand-père.
- Recherches de Mme Jocelyne Husson, professeur à Reims.
- Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
- Liste (incomplète) du convoi du 6 juillet 1942 (archives FNDIRP).
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.comPensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.
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